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Jean-Christophe Dimino : “Dans GMT+, il faut tenir la promesse de Radio Monaco”

Jean-Christophe Dimino : “Dans GMT+, il faut tenir la promesse de Radio Monaco”
Jimmy Boursicot
Par Jimmy Boursicot
vendredi 3 avril 2015

En radio, le 17 h-19 h est le prime time de la fin de journée. Chaque semaine depuis 3 saisons, du lundi au vendredi, Jean-Christophe Dimino vous accompagne aux commandes de GMT+, l’émission de tous les décalages. Sa voix, ses différents rôles, la relation qu’il entretient avec les auditeurs et sa passion pour la soul music, vous saurez tout ou presque sur celui qui est aussi le rédacteur en chef de Radio Monaco.

GMT+, à l’heure où la journée bascule…

"Je pense que le programme a trouvé sa place. On aborde la fin de la troisième saison, celle de la confirmation. Cette émission, c’est un peu la synthèse de ce que l’on propose plus largement sur Radio Monaco avec nos 12 correspondants, une demi-douzaine de chroniqueurs, des invités quotidiens, les tendances du moment et une programmation musicale très actuelle. Plus on avance dans la journée, plus on peut se permettre de jouer le décalage. Qu’il soit géographique ou thématique."

"Dans cette case horaire (17 h-19 h) mon rôle est d’installer un climat chaleureux propice aux découvertes. Nos auditeurs se trouvent dans leur voiture, ils rentrent chez eux, une deuxième partie de journée commence pour certain(e)s, d’autres s’apprêtent à démarrer leur travail en horaires décalés. Je me dois de les accompagner en étant informatif, sans être péremptoire. Pertinent, curieux et drôle si possible. Avec la rédaction, nos chroniqueurs et nos invités, je me dois de sélectionner des infos les plus saillantes, et de mettre en avant les tendances qui émergent ou les sujets de discussion du moment. Quoi qu’il arrive, je m’appuie sur une mécanique d’antenne très efficace. Et toujours en direct, c’est la règle, que ce soit en studio ou en extérieur comme bientôt avec le festival de Cannes ou le Grand Prix de Formule 1."

La double casquette animateur-rédacteur en chef

"Ce double rôle m’oblige à avoir une vision panoramique sur tous les contenus. J’ai tendance à compartimenter mes journées. Il y a la période où je gère les commandes des sujets à la rédaction de Monaco, pour la radio, pour le web, ainsi qu’à nos correspondants et aux différents contributeurs réguliers de l’antenne, ensuite je bascule mentalement dans le personnage de l’animateur. C’est celui qui doit donner l’impression que tout est facile, celui qui vous reçoit dans son studio et répond à toutes vos attentes. Etre exposé, ça pousse à sortir de sa zone de confort."

"Quand tu te revendiques animateur, il faut pouvoir accepter de tout porter sur tes épaules, il faut vraiment donner de sa personne, avoir le sourire, l’empathie nécessaire. Quand j’ai rejoint Radio Monaco, cela faisait neuf ans que je m’étais éloigné du média radio. J’avais égaré cette qualité première. Mais depuis 2012, la mue s’est enfin opérée. Au début, journaliste toujours, j’écrivais chacune de mes interventions mais ça manquait de naturel à mon goût. Maintenant, je m’efforce plus de raconter des histoires. GMT+, étant un vrai show d’info, j’improvise beaucoup. Des improvisations qu’il faut beaucoup travailler en amont."

"Journaliste ou animateur, peu importe finalement. Tout va bien, je n’ai pas de problème d’identité. Ma crise de la quarantaine est derrière moi. Bien sûr, il arrive de se demander si on a trouvé le ton juste. Ou si le sujet choisi était le bon. Au final, chaque jour la loi du direct s’impose à toi. Aucune émission ne ressemble à la précédente. De toute manière, le job n’est jamais terminé, il y aura toujours quelque chose à améliorer. Je suis un éternel insatisfait."

La voix, l’art et la manière de s’en servir

"Ma voix n’a pas toujours été évidente à porter. Au début, sur des radios faites pour un public plus jeune, avec le traitement de son de l’époque, on aurait pu la trouver métallique, presque artificielle. Elle m’a ensuite permis de travailler sur des radios généralistes. Je sais que c’est un bien précieux, donc je l’entretiens comme je peux. Mais cela reste très difficile à définir, d’ailleurs les auditeurs ne la perçoivent pas tous de la même manière, cela dépend si ce sont des hommes ou des femmes. En fait, c’est juste un outil qui révèle ta personnalité et transmet toutes les émotions. J’avais la même voix à 25 ans qu’aujourd’hui. Disons que maintenant, elle correspond plus à mon physique !"

"J’adore entendre une voix masculine associée à une voix féminine. C’est une sorte de jeu de séduction très subtil qui s’instaure. Mais c’est juste du théâtre. Deux fois par heure, par exemple, Camille Chappuis me rejoint en studio pour assurer les points d’info. Elle est douée, elle est jeune, elle est vive. Et l’association de nos deux voix fonctionne plutôt bien je crois. Je choisis toujours des femmes qui ont des voix reconnaissables. C’est aussi le cas avec mes chroniqueuses Marie Fiorin, Monica Corgnati ou Sophie Gironi qui ont chacune un grain de voix bien à elles."

Le rapport aux auditeurs

"Quand je suis à l’antenne, je me dis qu’il faut que je parle à chacun de mes auditeurs. Pas à une foule de gens, mais à des individus. On ne peut pas forcer quelqu’un à nous écouter. En revanche, on peut lui laisser entendre que ça peut être sympa de rester un peu plus longtemps. Entre nous, le rapport à travers le média radio est très instantané, sans trop d’artifice. Derrière mon micro, je fais en sorte que les gens soient avec moi, dans le studio. Et l’inverse est souvent réciproque : à la radio, on entretient l’imaginaire."

L’infotainment, une course de fond

"Après trois ans de GMT+, plus de 500 numéros et un millier d’invités, il n’y a pas de routine qui s’installe, mais des repères. Quand tu fais ce métier, tu t’engages dans une sorte de course de fond. Les rendez-vous horaires restent les mêmes mais tout change d’un jour sur l’autre. Comme pour un sportif ou un artiste sur scène, tu apprends à te ménager et surtout à doser ta performance pour susciter le désir. Le désir est fondamental en radio si tu veux fidéliser une audience. Donner envie, prendre du plaisir, écouter, te mettre à la place de l’auditeur qui va découvrir une info ou un nouveau morceau. Tu dois donner l’impression que tout ; la musique, les news, les invités, tes interventions, les pubs, absolument tout s’enchaîne dans la plus grande cohérence. Ce n’est pas toujours le cas, mais c’est ça qui est bien. Quand on modifie des détails dans l’émission, on le fait par petites touches, c’est de l’horlogerie comme dirait mon camarade Christophe Laury !"

Soul Connection, la parenthèse musicale

Celui qui se présente parfois comme un “soulman contrarié”, est né au début des années 70, biberonné aux sons de la Motown et des crooners italo-américains. “Ca laisse forcément des traces, c’est ma sensibilité artistique même si je peux très bien apprécier de la bonne variété française ou du classique”. Une fois par mois, Jean-Christophe Dimino officie dans une messe dominicale vouée au culte de la Soul music.

 

 

"Soul Connection, c’est avant tout une récréation musicale. Une heure pour découvrir les nouvelles voix du genre, et les connecter avec les grandes voix d'hier. Je suis un peu le chef de choeur d’une chorale de Gospel. Attention, je ne suis pas un historien de la Soul. Juste un mélomane qui aime partager le talent des autres. Mon envie, c'est que tous ceux qui écoutent l'émission prennent du plaisir. Et se laissent transporter."


Jean-Christophe Dimino en 6 dates

1982 : découvre la FM. "Une révélation."

1993 : Se décide enfin à devenir journaliste

1995 : Premier contrat radio à NRJ

1997-2003 : Entre à RMC

2003-2012 : Centre de presse de Monaco

2012 -2016 : Radio Monaco