MONTE-CARLO NEW YORK

Les hauts-parleurs niçois font parler d’eux

Dans le Press Club de ce mardi, un reportage publié par Libération à propos des des messages sanitaires diffusés par les hauts-parleurs de la ville de Nice. 

Mathilde Frénois, correspondante de Libération, a passé une journée place de la Libération pour prendre le pouls des commerçants et des habitants soumis aux rappels à l’ordre enregistrés par la police municipale pour respecter le confinement, le port du masque ou encore le couvre-feu. 

“Le stress des hauts-parleurs sanitaires” s’affiche ainsi sur le site du quotidien. Dans ce reportage, Jean-Claude, marchand d’œufs et de miel, ne cache pas son agacement: « Franchement, ça gonfle. On n’a pas besoin d’avoir ce truc qui met la panique, dit-il. On ne doit pas être mis sous pression sans arrêt. »

Juché sur un mat déjà équipé d’une caméra de surveillance et d’une borne d’appel d’urgence, « ce réverbère qui parle, voit et entend » représente selon la journaliste « un condensé des dispositifs technologiques et sécuritaires » développés par Christian Estrosi. L’un des détracteurs du Maire de Nice, David Nakkache, membre du parti Génération.s et Président de l’Association « Tous citoyens ! », affirme avoir été saisi par des Niçois excédés se disant victimes de nuisances sonores. « On a le sentiment , déclare le militant, que la crise sanitaire a permis de libérer tous les fantasmes sécuritaires de certains maires ». 

Des messages anxiogènes

Répartis dans le vieux-Nice, le centre-ville et la promenade des anglais, explique Libération, les 29 hauts-parleurs, 3000 euros pièce, avaient été acquis par la Mairie pour diffuser des alertes en cas de situation d’urgence, de coup de mer par exemple ou d’attentat. Finalement la crise sanitaire a poussé la Ville à leur trouver une nouvelle fonction. L’explication est fournie par le 1er adjoint, Anthony Borré, assez irrité par les reproches sur l’aspect anxiogène des hauts-parleurs. “Ce n’est pas un outil qu’on utilise avec plaisir, assure l’élu niçois. C’est le reflet de la situation qu’on vit”.

Mais est-ce efficace ? “C’est très bien, ça permet de rappeler les règles”, affirme un couple de passage sur le marché, c’est mieux qu’un policier qui tape sur l’épaule”. //  J’entends mais je n’écoute plus”, rétorque une habituée. // “On se croirait sous l’occupation, surenchérit une autre cliente, c’est violent d’entendre ça”. En attendant, les hauts-parleurs continuent de dispenser leurs messages, dans une voix décrite par Libération, comme “saccadée et électronique”. De passage à Nice un Cannois réfractaire à toutes les restrictions lance un appel à la police municipale: “Ils feraient mieux de s’en servir pour diffuser de la musique”.

Categories : Côte d'Azur / Nathalie Michet / 27 avril 2021

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Nathalie Michet

Journaliste du Morning Made In Monte-Carlo sur Radio Monaco tous les matins entre 6h00 et 9h.

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