MONTE-CARLO NEW YORK

Le PTL, carburant du futur dans l’aviation ?

Dans les prochaines années, on devrait entendre parler du « Power to Liquid » comme carburant alternatif durable dans le secteur aérien. C’est l’avis de notre invité Xavier Bouis, ancien directeur de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales.

Souvent pointé du doigt pour son impact carbone, le secteur aérien représente environ 3% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Même si ce segment des transports ne représente pas la plus grosse partie du camembert en termes d’émissions de GES, il est impératif désormais – comme dans tous les secteurs économiques – d’accélérer la transition énergétique. D’ici 2050, le trafic aérien mondial devrait être multiplié par deux et il n’est plus envisageable de ne pas chercher d’alternative aux énergies fossiles.

En janvier 2020, Elisabeth Borne, la Ministre française de la transition écologique – alors en visite chez Airbus à Toulouse – lançait ainsi un appel à manifestation d’intérêt sur les biocarburants durables pour l’aviation. L’idée est de démarrer en douceur avec 2% de biocarburants dans les moteurs des avions en 2025 pour arriver à 50% en 2050.

Du CO2 pompé dans l’atmosphère

Mais de quels biocarburants parle-t-on exactement ? Les alternatives existantes offrent-elles un rendement suffisant pour être déployées à une échelle industrielle ? Pour l’instant la solution miracle n’existe pas mais de nouvelles pistes prometteuses se dessinent, et c’est le cas du PTL. Le Power to Liquid est un e-carburant, un combustible liquide obtenu en combinant du dioxyde de carbone pompé dans l’atmosphère et de l’hydrogène, créé par électrolyse. Pour que cette tambouille chimique soit neutre en carbone il faut qu’elle soit alimentée exclusivement par des énergies renouvelables. A condition de construire rapidement les bonnes infrastructures, le PTL pourrait devenir une vraie solution pour le secteur aérien.

Les pionniers les plus avancés du domaine sont en Allemagne et en Suisse où les premiers projets ont été lancés il y a dix ans. Le développement de la filière est tel que la feuille de route allemande donne des objectifs d’usage de ce PTL pour ses vols domestiques dès 2030. En France, l’initiative est moins avancée et elle semble plutôt venir du secteur privé avec le projet KerEAUzen mené en Normandie par Engie en partenariat avec l’entreprise allemande Sunfire, ainsi qu’Airbus, Safran, Air France et le groupe ADP.

L’option du e-kérozène est promue notamment par l’Académie de l’Air et de l’Espace à travers un rapport publié après l’organisation d’un colloque d’experts en mars 2021. Pour en parler nous recevons l’un des auteurs de ce rapport: Xavier Bouis, ancien directeur de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales.

Categories : Business / Tech / Nathalie Michet / 27 septembre 2021

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Nathalie Michet

Journaliste du Morning Made In Monte-Carlo sur Radio Monaco tous les matins entre 6h00 et 9h.

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