MONTE-CARLO NEW YORK

46 tortues monégasques vont repeupler les terres africaines

©Institut Océanographique de Monaco

Nées en captivité au Musée océanographique de Monaco, 46 tortues sillonnées juvéniles viennent d’effectuer le voyage de leur vie. Destination: le Sénégal. Après une longue période d’adaptation, ces tortues terrestres découvriront la liberté dans une réserve naturelle. Leur mission sera alors de vivre heureuses et d’avoir beaucoup d’enfants. Olivier Brunel est le chef des aquariums à l’Institut Océanographique de Monaco. Il répond à Nathalie Michet.

Elles avaient été soigneusement bordées, samedi dernier, dans leurs caisses de transport, par LL.AA.SS le Prince héréditaire Jacques et la Princesse Gabriella. 46 tortues sillonnées du Musée Océanographique de Monaco viennent d’effectuer un grand voyage jusqu’au Sénégal. Après une escale à l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, les petits reptiles ont pris un vol pour Dakar, confortablement installés dans les soutes chauffées d’un avion Air France KLM Martinair Cargo.

©Palais Princier
Le jour de leur 8e anniversaire, le 10 décembre dernier, les jumeaux princiers ont aider à conditionner les tortues sillonnées avant leur départ de Monaco. ©Palais Princier

Descendantes d’un groupe de 7 tortues maliennes offertes en 2012 à S.A.S le Prince Albert II, ces 46 jeunes spécimens vont passer 6 mois dans le Village des tortues de Noflaye. Cette première étape leur permettra de s’adapter au climat africain – qu’elles n’ont jamais connu – et de se préparer à la liberté. En effet, l’objectif final est d’introduire progressivement ces 46 tortues sillonnées dans la Réserve naturelle de Koyli Alpha, dans le nord-ouest du Sénégal.

Des tortues menacées

Orchestrée par l’Institut Océanographique de Monaco et l’Institut africain pour l’étude et la protection des tortues, cette opération doit permettre de renforcer les populations locales. Originaires de la bande sahélienne, du Sénégal jusqu’à l’Erythrée, les tortues sillonnées se plaisent dans un climat aride. De plus, elles sont les troisièmes tortues terrestres les plus imposantes du monde. Pouvant mesurer jusqu’à 1 mètre de long pour plus de 100 kilos, elles suivent de près les tortues géantes des Seychelles et celles des Galapagos.

©Institut Océanographique de Monaco
Les jeunes tortues sillonnées bien à l’abri pendant leur voyage vers le Sénégal. ©Institut Océanographique de Monaco

Comme leurs cousines de l’océan Indien et du Pacifique, les tortues sillonnées du Sahel peuvent vivre plus de 100 ans. Malheureusement, ni leur mensuration ni leur espérance de vie ne les protègent des menaces extérieures. Que ce soit en raison du trafic international, de la destruction de leur habitat ou bien de leur place dans la chaîne alimentaire, les tortues sillonnées doivent déjouer de nombreux dangers. Ainsi, au Sénégal, les biologistes estiment qu’il n’en reste que 150 dans la nature. L’Institut Océanographique de Monaco et son partenaire africain nourrissent donc l’espoir de voir les 46 expatriées monégasques s’épanouir et se reproduire en nombre. Au moment où la Cop 15 Biodiversité se déroule à Montréal, cette initiative illustre bien les défis relatifs à la protection de la faune sauvage.

Pour rejoindre les terres africaines de leurs aïeux dans les meilleures conditions, les tortues du Rocher ont été escortées jusqu’au Sénégal par Olivier Brunel, chef des aquariums à l’Institut Océanographique de Monaco. Ce dernier a profité de l’escale à Roissy pour répondre à Nathalie Michet.

Categories : En Principauté / Nathalie Michet / 16 décembre 2022

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Nathalie Michet

Journaliste du Morning Made In Monte-Carlo sur Radio Monaco tous les matins entre 6h00 et 9h.

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