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Le brossage à sec : idéal pour la détox printannière Giulia Testaverde

De la nomination future d’un nouveau ministre d’Etat au Blue Economy and Finance Forum en passant par la prochaine visite d’Etat d’Emmanuel Macron, le Plan National Logement ou encore le Grand Prix de Formule 1, le Souverain fait le tour de l’actualité. Radio Monaco, Monaco Matin, Monaco Tribune, La Gazette de Monaco, L’Observateur de Monaco et Monaco Hebdo ont participé à cet échange.
Monaco attend la nomination d’un nouveau ministre d’État. Il y a eu des rumeurs, on a même vu des candidatures spontanées. Où en sommes-nous ?
Vous en avez même interviewé ! Tout le monde a été très surpris par ces candidatures spontanées. Cela avance bien, j’ai déjà reçu plusieurs candidats possibles. Ce sera une personne de nationalité française, il faut que j’en informe le président Macron. L’annonce pourrait se faire avant même sa venue en Principauté.
Justement, la visite d’État du président Macron, début juin, s’inscrit dans un contexte de coopération entre la France et Monaco. Quel dossier prioritaire aimeriez-vous voir avancer ou aborder avec lui ?
Nous avons d’excellentes relations, je les qualifierais même d’amicales avec Emmanuel Macron, mais avec la France en général, bien sûr. C’est le Président lui-même qui souhaitait effectuer une visite d’État à Monaco, m’ayant déjà reçu plusieurs fois à l’Élysée. Normalement, tous les présidents français viennent en visite à Monaco au moins une fois pendant leur mandat. Cela n’avait pas pu se faire pendant le premier mandat, mais je suis très heureux que cela puisse se faire. Il a voulu faire coïncider cette visite avec le Forum sur l’Economie et la Finance Bleue. Et bien sûr, avant le grand rendez-vous de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice. Mais il s’agit surtout de célébrer nos bonnes relations. Il n’y a pas de dossier absolument prioritaire. On fera un large tour d’horizon de l’actualité internationale et des grands sujets d’intérêt franco-monégasque. Nous évoquerons aussi notre prochaine sortie, je l’espère, de la liste grise du GAFI et nous parlerons évidemment de la protection des océans et de la lutte contre les changements climatiques.

On connaît votre engagement pour la préservation des océans. Pourquoi était-il si important pour la Principauté de sceller une coopération avec l’UNOC à travers notamment le Blue Economy and Finance Forum qui se tiendra à Monaco les 7 et 8 juin prochains et qu’espérez-vous, qu’attendez-vous de ce double événement ?
C’était une volonté, non seulement de notre part, mais des organisateurs de l’UNOC, de la France et du Costa Rica, d’avoir ce volet économie et finance bleue. Dans l’agenda de cette grande conférence qui aura lieu à Nice, l’idée, c’était de l’organiser la veille. Ils nous ont demandé si on était candidat, on a répondu : oui, bien sûr ! C’est un rendez-vous très important. Je parle de la Conférence sur les océans d’une façon générale. C’est l’occasion, je crois, d’avoir cette ambition collective, de réfléchir à l’avenir de l’océan. Cet avenir peut s’appréhender sans transformer nos économies maritimes, mais celles-ci doivent devenir durables, inclusives et respectueuses des écosystèmes marins. Tout l’enjeu de ce qu’on appelle le BEFF (Blue Economy and Finance Forum) est de fédérer durant ces deux jours, les acteurs clés, les chefs d’entreprises, les décideurs de la finance et de l’industrie, mais aussi les décideurs politiques et gouvernementaux, puisqu’il y aura presque une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernements, des institutions multilatérales, des acteurs engagés pour l’économie bleue et des philanthropes, également. Il faut qu’on arrive à mobiliser concrètement les investissements nécessaires pour financer les programmes de conservation du milieu marin. Par exemple, au travers des aires marines protégées, mais pas uniquement. Il faut arriver à accélérer ce développement d’une économie bleue régénérative. On estime à ce jour que sur les 175 milliards de dollars américains nécessaires chaque année pour soutenir un océan mondial durable, seuls 25 milliards de dollars US sont mobilisés. Ce constat, je crois, souligne l’urgence qu’il y a à intensifier ces financements pour préserver les écosystèmes. Une telle transformation, une telle évolution ne pourra aboutir qu’avec la coopération de tous, de tous les acteurs, face à cette urgence qui concerne les océans.
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Le BEFF S.A.S. Le Prince Albert II
Le Grand Prix de Formule 1 approche à grand pas. Le doute planait sur la pérennité de cet événement. En novembre dernier, la bonne nouvelle est tombée. Un accord a été trouvé avec le détenteur du droit de la F1, Liberty media. Cet accord prolonge le Grand Prix de Monaco au moins jusqu’en 2031. On imagine qu’il était pour vous inconcevable que cette épreuve mythique disparaisse du calendrier de la Formule 1. Quel a été votre degré d’implication dans les négociations ?
Je n’étais pas autour de la table avec l’Automobile Club de Monaco et les différentes parties prenantes, mais j’ai pu parler avec des responsables de Liberty. J’espère ne pas trahir leur pensée mais eux aussi m’ont dit en off qu’ils ne pouvaient pas envisager une saison de Formule 1 sans le Grand Prix de Monaco. Tout le monde pensait que cela portait sur les sommes de participation. Ce sont plutôt les aménagements autour du circuit, le manque de place pour les différents sponsors, les nombreux invités. On manque de place à Monaco, c’est évident, mais on a su quand même trouver des solutions très intéressantes. Ils ont vu qu’il y avait un effort de fait. Nous sommes très heureux du résultat. Au moins, on a une vision à quelques années mais je suis sûr que l’accord pourra être renouvelé bien au-delà de 2031.
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Le Grand Prix de Monaco reconduit S.A.S. Le Prince Albert II
On parle de plus en plus du succès des athlètes et des clubs monégasques sur la scène internationale. Par ailleurs, Monaco est la capitale mondiale du sport cette année. Quelle est votre vision et votre stratégie pour le développement du sport à Monaco et quels en sont les objectifs à long terme ?
Le sport a toujours fait partie de notre identité, en tout cas dans l’histoire contemporaine de la Principauté. On a toujours essayé d’être une terre de sport, pas uniquement en termes de manifestations sportives et de clubs professionnels, mais aussi, bien sûr, de sports scolaires, de sports associatifs. Nous avons travaillé à créer une communauté qui soit engagée dans le sport comme source de bien-être, d’épanouissement et de santé. Bien sûr, les fers de lance de la vie sportive en Principauté sont l’AS Monaco FC et la Roca Team, mais aussi le tournoi de tennis, le Grand Prix de F1, les meetings d’athlétisme et de natation, etc. Notre objectif est de démontrer que dans une petite ville-État comme la nôtre il y a beaucoup de gens qui font du sport. Il y a quelques 190 clubs, 51 fédérations nationales et pratiquement 10 000 licenciés, ce qui est énorme. On attend de voir ce que va faire la Roca Team à la fin du mois dans le final four. Et puis, l’AS Monaco football va disputer la Ligue des champions l’année prochaine, ce qui est formidable. Notre volonté est de poursuivre notre politique de réalisation d’équipements modernes pour favoriser la pratique du sport à l’école. Bien sûr, nous continuerons à organiser de grandes épreuves, mais, j’insiste encore, si Monaco a été désignée capitale mondiale du sport, c’est parce qu’au-delà des grands événements, on a cette politique volontariste d’aider et d’accompagner les jeunes. Et puis, bien sûr, le rêve secret à long terme, c’est d’avoir un jour un médaillé olympique. Il n’y a pas de raison, d’autres petits pays l’ont fait. Je suis sûr qu’un ou une athlète monégasque sera, un jour, sur un podium olympique. J’en profite pour ouvrir une parenthèse sur le basket. Un tragique accident endeuille l’équipe de National 3. Je réitère mes pensées envers la famille de la victime et à tous ceux qui ont été blessés.
Vous avez évoqué le bien-être et la performance. Votre agenda est particulièrement chargé et vos responsabilités sont immenses. Avez-vous des habitudes ou une routine quotidienne qui vous aident à rester concentré et serein ?
J’ai l’habitude de faire, le matin, un peu de stretching. Vous savez, quand on prend de l’âge, il faut soigner ses articulations (rires). J’essaye au moins une ou deux fois par semaine de faire un peu de gym ici dans la salle du Palais. Il y a également, juste derrière vous, une piscine qui n’est pas olympique, mais qui est assez grande pour pouvoir faire quelques longueurs. Je crois qu’il est essentiel de pouvoir, non seulement penser à autre chose, mais aussi veiller à sa santé et de faire un exercice régulier. Même si ce n’est pas long, seulement 45 minutes voire une heure, c’est déjà bien. J’essaie de maintenir cette activité. Les enfants aident à me maintenir jeune aussi. Il faut les suivre.
Un nouveau plan national pour le logement des Monégasques doit être lancé. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur son contenu ? Comment l’envisagez-vous ?
Le Plan National Logement mis en œuvre en 2019 a déjà permis de livrer une quantité importante de logements et de répondre ainsi aux besoins des familles monégasques. C’est satisfaisant mais il faut sans doute le modifier, le réactualiser. On s’est appuyé aussi sur les études de l’IMSEE, sur les besoins futurs de la population. Par conséquent, le Gouvernement travaille activement à la mise en œuvre de cette deuxième phase du plan. Des nouvelles opérations immobilières d’une capacité totale de plus 100 appartements ont d’ailleurs déjà été annoncées, « les Lucioles, » pour ne pas les nommer, rue Louis Auréglia et avenue Hector Otto. Mais on travaille aussi à la refonte du processus d’attribution des logements domaniaux, en proposant un dispositif un peu plus fluide, un peu plus adapté aux attentes des Monégasques. Tout cela sera dévoilé dans quelques semaines.
Concernant la rénovation du Centre commercial de Fontvieille, un projet devait être présenté aux élus du Conseil National au printemps. Est-ce qu’un projet définitif est arrêté ? Si oui, quelles sont les grandes lignes de ce projet et le budget qui y sera consacré ?
Ce projet de redimensionnement du futur Centre commercial de Fontvieille est en cours. Il progresse. Les études avancent de manière assez soutenue. Il y a de nouvelles orientations dont je ne peux pas trop vous parler parce que je n’ai pas vu depuis un certain nombre de mois comment ça avançait, mais il est prévu une réunion spéciale à ce sujet avant l’été. Tout le monde est très mobilisé, je sais que ça prend du temps, je sais que c’est compliqué. Je ne vais pas entrer dans le détail, mais il y avait plusieurs éléments qui n’étaient plus d’actualité et donc il fallait absolument redimensionner ce projet. Je sais qu’il est très attendu par tout le monde. Et bien sûr, il faut qu’on arrive à mettre tous les éléments. C’est comme un puzzle, vous savez, ce n’est jamais facile. Il faut repenser la partie hypermarché, la partie commerciale, mais aussi la partie loisirs et restauration. Ce projet va être présenté d’abord en interne au Gouvernement puis après, bien sûr, au Conseil National. Je l’espère, avant l’été.
Depuis l’inscription de la Principauté sur la liste grise du GAFI en juin 2024, près d’une année s’est écoulée. Est-ce que vous avez pu évaluer les conséquences économiques pour Monaco et pour son attractivité ? Et comment voyez-vous l’avenir jusqu’à la décision du GAFI, qui tombera en juin 2026 ?
Je crois que les inquiétudes suscitées par l’inscription de Monaco sur cette liste grise du GAFI étaient légitimes, mais force est de constater que l’impact, pour l’instant, reste assez limité. Les fondamentaux de notre économie restent stables et durables dans les secteurs clés. Qu’il s’agisse de la finance, de l’immobilier ou du tourisme, les résultats continuent d’être assez robustes. Notre modèle, pour l’instant, tient bon. Bien sûr, nous restons totalement mobilisés pour accompagner cette dynamique et mener à bien toutes les actions nécessaires en vue de la sortie de la liste grise. Mais nous avons eu, comme vous avez pu l’entendre, des rapports intermédiaires qui sont plutôt positifs. Nous sommes vraiment sur la bonne voie.
Le 19 juillet, vous célébrerez vos 20 ans de règne. Quels événements ou réalisations vous ont le plus marqué ?
Ce dont je suis le plus fier, c’est mon mariage et mes enfants, c’est le plus important. Je crois que la Principauté a évolué sur différents plans. Physiquement, avec des nouvelles réalisations qui ne sont pas terminées comme le nouvel hôpital. Bien sûr, il y a eu MareTerra et d’autres belles réalisations. La création de ma fondation était une étape importante. Je crois aussi qu’on a réussi à moderniser la Principauté, à renforcer son attractivité et à diversifier son économie, et il faut continuer. On a fait avancer la transition énergétique et la transition numérique. On a maintenu l’excellence de notre système de soins, de notre système éducatif et sportif, de notre offre culturelle. La sécurité fait, elle aussi, partie de l’attractivité de la Principauté. Cela a toujours été le cas mais il faut constamment y veiller, trouver des nouvelles solutions qui soient les plus adaptées et les moins pesantes possibles pour notre population. Même si les chiffres sont bons, il faut continuer à lutter contre l’insécurité, la délinquance, et le blanchiment.

Et à 10 ans, Monseigneur ?
À 10 ans, cela dépendra du contexte, déjà difficile actuellement à l’international. Il faut que la Principauté continue de s’adapter aux différents changements. Il faut s’appuyer sur nos atouts en ne négligeant aucun aspect de possible développement économique qui soit en phase avec nos valeurs et le plus éco-responsable possible. Un développement, certes, mais pas à n’importe quel prix !

Crédit photos : Michaël ALESI / Palais Princier
Écrit par: Jean-Christophe Sanchez
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