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MONACO

Où en est le grand projet Polar POD de Jean-Louis Étienne ?

today24 novembre 2023

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©Institut océanographique de Monaco – Cedou
Le Prince Albert II et Jean-Louis Étienne lors de la remise des Grandes Médailles Albert Ier. ©Institut océanographique de Monaco – Cedou
Le mercredi 22 novembre 2023, l’Institut océanographique de Monaco a décerné à Jean-Louis Étienne la Grande Médaille Albert Ier dans la catégorie Médiation. L’occasion d’une rencontre privilégiée avec l’explorateur polaire à l’origine du méga projet Polar POD. Jean-Louis Étienne répond à Nathalie Michet.
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    Où en est le grand projet Polar POD de Jean-Louis Étienne ? Interview Le Club Radio Monaco

Ancien dirigeant de l’Institut océanographique de Monaco (2007-2008), Jean-Louis Etienne, médecin de formation aujourd’hui âgé de 76 ans, est loin d’en avoir terminé avec l’engagement de sa vie: participer à une meilleure connaissance scientifique des régions polaires et plaider pour la préservation de ces vastes contrées terrestres et marines. C’est précisément à ce titre qu’il a reçu mercredi soir la Grande Médaille Albert Ier de l’Institut au sein de la catégorie Médiation. « Sachant le rôle du Prince Albert Ier dans l’exploration des océans et de l’Arctique, c’est une grande fierté,  » souligne Jean-Louis Étienne. Plus encore que pour ses expériences de terrain dans les mers gelées du globe, le lauréat se montre touché d’être mis en lumière pour son rôle de médiateur pour la protection de l’océan et de l’environnement. « C’est vraiment quelque chose que j’aime faire,  » nous assure-t-il.
Le Polar POD, la science à la verticale
S’il apprécie les marques d’estime de la part de ses pairs, Jean-Louis Étienne se concentre surtout sur le grand projet de ces douze dernières années. En effet, il travaille sans relâche sur le lancement de la grande expédition Polar POD. Objectif: étudier l’Océan Austral comme jamais auparavant. Inspirée du RV Flip, un ancien navire militaire américain des années 1960 reconverti en bateau scientifique, cette station unique au monde basculera à la verticale pour dériver autour de l’Antarctique. En effet, sans aucune goutte de carburant, elle se laissera entraîner par le Courant Circumpolaire Antarctique qui relie les océans Pacifique, Atlantique et Indien. Avec ses 75 mètres de tirant d’eau, le Polar POD pourra ainsi résister à la violence des vents d’hiver dans les latitudes redoutables des Quarantième rugissants et des Cinquantième hurlants.
©7C/Nicolas Gagnon
Une illustration du futur Polar POD dans les vagues de l’Océan Austral. ©7C/Nicolas Gagnon
 
Pour la première fois, il sera donc possible de prélever des données scientifiques in situ tout au long de l’année dans l’Océan Austral. Cela représente une avancée majeure pour mieux comprendre le rôle climatique que remplit cet océan à échelle planétaire. Autre objectif: en apprendre davantage sur l’incroyable biodiversité qu’il renferme. Silencieux car dépourvu de motorisation, le Polar POD sera équipé d’hydrophones. Ces micros de grande sensibilité permettront d’écouter et d’enregistrer sans entrave l’univers sonore sous-marin. À terme, ces données pourront encourager la création d’Aires marines protégées autour de l’Antarctique. 
Le chantier très bientôt
Financé essentiellement par l’Etat français, dans le cadre d’un programme scientifique mis en oeuvre par le CNRS, l’Ifremer et le CNES, la construction du Polard POD doit commencer début 2024 pour une première expédition prévue en 2026. Dès lors, sur une période de trois ans, la station dérivante effectuera deux tours du Pôle Sud à la vitesse du courant.  Chantier naval et coûts de fonctionnement compris, le budget global avoisine les 46 millions d’euros. Jean-Louis Etienne, affirme en avoir sécuriser 41 millions jusque-là. Il tient donc fermement son bâton de pèlerin afin de boucler le financement de cette grande entreprise à vocation scientifique. « Un travail colossal » , reconnait cet inlassable ambassadeur des régions polaires.
©7C/Nicolas Gagnon
Le Polar POD permettra aux scientifiques d’étudier toute l’année les conséquences du réchauffement climatique. ©7C/Nicolas Gagnon
Un explorateur entrepreneur
« Une exploration, c’est une entreprise ! Magellan a mis sept ans à financer son tour du monde, il a même changé de nationalité parce que l’Espagne lui proposait un financement », souligne Jean-Louis Étienne. Lui-même a contracté de gros emprunts pour construire le navire ravitailleur Persévérance, qui porte parfaitement son nom. Afin de trouver un équilibre financier sur ce segment, Jean-Louis Etienne a doté ce grand voilier d’une capacité d’accueil de douze passagers. Le navire effectue ainsi des croisières de tourisme en Arctique et en Antarctique afin de créer des revenus et amortir les coûts de production et d’exploitation. Lorsque le Polar POD sera en fonction, le Persévérance permettra ainsi à ses plaisanciers d’assister aux opérations de relève d’équipage et de ravitaillement sur la station de recherche.
©7C/Nicolas Gagnon
Le voilier Persévérance, déjà construit et à flots, sera le navire ravitailleur du Polar POD. ©7C/Nicolas Gagnon
©7C/Francis Latreille
Le navire ravitailleur Persévérance effectue déjà des croisières aux pôles. ©7C/Francis Latreille

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Écrit par: Nathalie Michet


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